Publié dans Brèves du jour

Des dilemmes éthiques dans l’entreprise

Aujourd’hui, et malgré la popularité dont semblent jouir l’affichage par les entreprises de leurs valeurs et l’intégration des politiques RSE, des questions éthiques se posent régulièrement aux salariés, quel que soit leur niveau, quel que soit aussi leur secteur, même si certains secteurs d’activité ou certains niveaux hiérarchiques peuvent y être plus régulièrement exposés.

Ces questionnements, parfois bénins mais qui prennent de l’ampleur par leur répétition, parfois très critiques parce qu’ils peuvent amener à enfreindre des lois et/ou des valeurs fondatrices de qui nous sommes, peuvent être différents ordres :

  • Un désaccord avec la stratégie globale menée par l’entreprise ou par l’un de ses services ou filiales, qu’il soit lié à l’offre de produits ou services elle-même ou aux moyens
  • Un désaccord sur le plan humain avec l’attitude générale à l’égard des clients / des fournisseurs ou des salariés en interne.
  • Un désaccord au sein de son service avec les ordres paraissant contraires à l’intérêt à la fois de l’entreprise et à ceux du travail réalisé collectivement donnés par un manager, ou plus largement, avec le comportement irrespectueux d’un ou plusieurs membres de l’équipe.
  • Un désaccord avec une demande constituant clairement une infraction au règlement interne ou à la loi.

Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise solution à ces dilemmes. Dans bien des cas, le « faire avec » ne revêt pas une dimension problématique parce que la question n’est pas d’une importance suffisamment capitale pour s’y attarder trop longuement. Toutefois, passer régulièrement outre ces interrogations et ce sentiment de non justesse peut conduire sur le long terme à des tensions qu’il ne faut pas sous-estimer.

Lorsque le dilemme porte sur un sujet ressenti personnellement comme plus grave, le plus important est de ne pas s’isoler dans ses questions. Il est sage de commencer par en parler à des proches s’ils sont compétents en la matière ou à des collègues de confiance. Aller directement confier ses doutes en haut lieu, surtout sous le coup de la surprise / de la sidération / de la colère peut avoir du sens pour une infraction légale mais peut s’avérer une mauvaise solution dans bien d’autres situations.

Une fois que l’on a pu passer ce premier stade et bénéficier d’une écoute attentive et normalement bienveillante, la question d’agir / de monter au créneau prend tout son sens. La réponse mérite un temps de réflexion proportionnel à la gravité du dilemme. Aucun des 3 grands choix possibles entre se taire, parler et choisir de partir n’est simple, et aucun ne doit être vu a posteriori comme un échec cuisant quel que soit son résultat. Le silence n’est pas synonyme de lâcheté même s’il peut donner cette impression, simplement la force dont dispose chacun ne permet pas toujours d’aller contre ce que l’on réprouve. Le combat n’est pas toujours couronné de succès, il est aussi souvent âpre, mais il est aussi vecteur de fierté. Et le départ laisse certes un sentiment d’inachevé, de gâchis, mais il est parfois aussi la seule solution raisonnable.

Dans tous les cas, deux mots peuvent s’appliquer à ces conflits intérieurs du travail : deal – aime.

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